Agents, mandataires, chasseurs : pourquoi la collaboration entre pros change la donne pour
Le marché immobilier se fragmente entre agents traditionnels, mandataires indépendants et chasseurs. Une plateforme comme MonHubImmo parie sur leur coopération. Ce que ça change concrètement pour vendeurs et acheteurs.
La Rédaction
Rédaction Immobilier Closer
Agents, mandataires, chasseurs : pourquoi la collaboration entre pros change la donne pour vous
Vendre ou acheter un bien en 2026, c'est naviguer dans un écosystème professionnel devenu plus complexe qu'il n'y paraît. À côté de l'agent immobilier classique en agence, les mandataires indépendants et les chasseurs immobiliers ont pris une place réelle sur le marché. Le problème : ces acteurs travaillent encore trop souvent en silos, au détriment du client.
Un marché fragmenté, un acquéreur qui en paie le prix
Depuis une dizaine d'années, le nombre de mandataires indépendants a explosé en France, portant aujourd'hui le marché à plusieurs dizaines de milliers de professionnels opérant hors agence physique. Résultat : un même bien peut être proposé par plusieurs intermédiaires sans qu'ils se parlent, les informations circulent mal, et l'acheteur multiplie les interlocuteurs pour reconstituer une image cohérente du marché local.
C'est précisément ce dysfonctionnement que Cyril Fortin, fondateur de MonHubImmo, cherche à corriger. Invité du podcast MySweetImmo, il défend une idée simple : la force du collectif avant la logique de territoire. Sa plateforme vise à faire collaborer agents, mandataires et chasseurs sur des dossiers communs, en partageant mandats et honoraires plutôt qu'en se livrant une guerre de positions.
Ce que la collaboration interprofessionnelle change pour un vendeur
Pour un propriétaire qui met son bien en vente, l'enjeu est direct : plus le réseau de diffusion est large et coordonné, plus vite le bon acquéreur est trouvé. Un mandat partagé entre un agent local qui connaît le quartier et un chasseur qui travaille pour un acheteur qualifié en recherche active, c'est potentiellement une transaction plus rapide et moins de négociation à la baisse.
Cela suppose toutefois de choisir un professionnel ouvert à cette logique de co-courtage. Tous ne le sont pas. Avant de signer un mandat, il est pertinent de demander explicitement si votre interlocuteur collabore avec d'autres professionnels et selon quelles modalités. Un agent qui refuse catégoriquement de partager un dossier, même pour accélérer la vente, mérite qu'on s'interroge sur ses motivations réelles.
Ce que ça implique pour un acheteur ou un investisseur
Du côté de l'acheteur, recourir à un chasseur immobilier prend tout son sens dans ce contexte. Le chasseur, rémunéré par l'acheteur (généralement entre 1 % et 3 % du prix d'acquisition), a intérêt à activer tous les réseaux disponibles, y compris les mandataires et agents locaux, pour trouver le bien correspondant au cahier des charges. Si ces professionnels travaillent en bonne intelligence sur une plateforme commune, le chasseur accède à un stock de biens off-market ou en cours de commercialisation que l'acheteur seul n'aurait jamais trouvé.
Pour un investisseur locatif, la rapidité d'accès à des biens avant leur mise en publicité large reste un avantage compétitif réel, surtout dans les marchés tendus où les délais de vente se sont raccourcis.
La limite du modèle : la confiance entre concurrents
La collaboration entre professionnels qui se font aussi concurrence reste un exercice délicat. Le partage d'honoraires suppose des règles claires, des engagements contractuels et une culture professionnelle que le secteur immobilier français n'a pas encore totalement intégrée. Les États-Unis, avec leur système de MLS (Multiple Listing Service) obligatoire dans de nombreux États, montrent qu'un tel modèle peut fonctionner à grande échelle — mais il a fallu des décennies pour l'imposer.
En France, les initiatives comme MonHubImmo restent volontaires et dépendent de la bonne volonté des participants. Ce n'est pas une raison de les ignorer, mais c'est une raison de rester attentif à la qualité réelle du réseau que vous active votre professionnel, plutôt qu'à ses seules promesses.
Ce qu'il faut retenir avant de choisir votre intermédiaire
Le titre de votre interlocuteur — agent, mandataire ou chasseur — importe moins que sa capacité à mobiliser un réseau étendu et à travailler en transparence avec d'autres professionnels. Posez la question directement. Demandez combien de transactions il a réalisées en co-courtage sur les douze derniers mois. Et si vous vendez, comparez ce que propose un mandat exclusif classique avec ce que peut offrir un professionnel connecté à un réseau collaboratif.
Le marché immobilier récompense de moins en moins les acteurs isolés. Il serait dommage que vos intérêts en pâtissent.