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Achat22 septembre 2026 · 5 min

La clause de portabilité du prêt : comment garder un taux à 1 % en changeant de bien

Vous avez contracté un crédit à taux bas et vous souhaitez changer de logement ? Une clause souvent ignorée de votre contrat de prêt peut vous éviter de repartir aux conditions actuelles du marché.

La Rédaction

Rédaction Immobilier Closer

La clause de portabilité du prêt : comment garder un taux à 1 % en changeant de bien

Vous avez signé un crédit immobilier entre 2019 et 2022, à un taux inférieur à 1,5 %, parfois à 1 % ou moins. Aujourd'hui, les taux moyens sur 20 ans gravitent encore autour de 3,5 à 4 %. Vendre pour racheter revient donc, dans la plupart des cas, à doubler le coût de votre financement. Sauf si votre contrat contient une clause de portabilité.

Ce que dit vraiment cette clause

La portabilité de prêt est une disposition contractuelle — non imposée par la loi — qui permet à l'emprunteur de transférer son crédit en cours sur un nouveau bien immobilier, en conservant le taux, la durée résiduelle et les conditions d'origine. Autrement dit : vous vendez votre appartement, vous achetez une maison, et votre prêt à 1 % vous suit.

Cette clause n'est pas systématique. Elle figure dans certains contrats proposés par des banques qui ont choisi de l'intégrer comme argument commercial, notamment entre 2015 et 2022, période de taux historiquement bas. Si vous n'êtes pas certain de l'avoir, la démarche est simple : relisez les conditions générales de votre offre de prêt, rubrique « remboursement anticipé » ou « transfert de prêt », ou contactez directement votre conseiller bancaire.

Les conditions à réunir pour en bénéficier

La portabilité n'est pas un droit automatique, même quand la clause existe. Plusieurs conditions s'appliquent généralement :

  • Le nouveau bien doit être acquis dans un délai défini, souvent entre 3 et 6 mois après la vente du bien initial. Passé ce délai, la banque peut refuser le transfert.
  • Le montant du prêt transféré ne peut pas dépasser le capital restant dû au moment de la vente. Si votre nouveau bien coûte plus cher, vous devrez contracter un crédit complémentaire aux conditions du marché actuel pour la différence.
  • La banque conserve un droit de regard sur votre situation financière et sur la valeur du nouveau bien, qui sert de garantie. Un dossier fragilisé depuis la souscription initiale peut bloquer la démarche.
  • Certains contrats excluent les résidences secondaires ou les biens locatifs du périmètre de la portabilité. Vérifiez l'objet autorisé.

Pourquoi si peu d'emprunteurs l'utilisent

La clause de portabilité est méconnue pour une raison simple : pendant les années de taux bas, personne n'avait intérêt à s'en préoccuper. Renégocier ou racheter son prêt était souvent plus avantageux que de le conserver. La situation s'est inversée depuis la remontée des taux amorcée en 2022.

Autre facteur : les banques ne communiquent pas spontanément sur cette option. Transférer un prêt à 1 % leur coûte plus cher qu'accorder un nouveau crédit à 3,8 %. L'initiative doit donc venir de l'emprunteur, de préférence dès le début du projet de revente, avant même de signer un compromis.

Ce que ça change concrètement pour votre projet

Prenons un exemple réaliste. Un emprunteur a souscrit en 2021 un prêt de 250 000 € sur 25 ans à 1,1 %. Son capital restant dû en 2026 est d'environ 215 000 €. S'il revend et rachète un bien à 280 000 €, il peut transférer les 215 000 € à 1,1 % et emprunter 65 000 € supplémentaires aux conditions actuelles. Le coût total de son financement reste très inférieur à celui d'un crédit intégralement souscrit aujourd'hui.

L'économie peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée totale du prêt — un argument qui mérite d'être intégré dès la phase de réflexion, pas en dernière minute.

Ce qu'il faut faire avant de mettre en vente

Si vous envisagez de vendre votre résidence principale dans les 12 à 24 prochains mois, trois réflexes s'imposent :

  1. Relisez votre contrat de prêt ou demandez à votre banque une confirmation écrite de l'existence d'une clause de portabilité.
  2. Vérifiez les conditions précises : délai, montant maximum transférable, type de bien éligible.
  3. Anticipez le calendrier : la vente et l'achat doivent être suffisamment coordonnés pour respecter la fenêtre de transfert imposée par la banque.

Un courtier en crédit peut vous aider à lire les petits caractères et à négocier avec votre établissement si la clause est présente mais que son application pose problème.


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